Thèse de doctorat dirigée par Mme Roberte Hamayon, soutenue le 10 décembre 2007 à l'Ecole pratique des hautes études.
Position de thèse (4 p., 138 ko)
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Jury : M. Francis CONTE, professeur à l’université de Paris-IV
Mme Roberte HAMAYON, directeur d’études émérite à l’EPHE
M. Michael HOUSEMAN, directeur d’études à l’EPHE
Mme Caroline HUMPHREY, professeur à l’université de Cambridge
M. Jean-Luc LAMBERT, maître de conférences à l’EPHE
M. John SCHEID, professeur au Collège de France
M. Carlo SEVERI, directeur d’études à l’EHESS.
Indications bibliographiques : 1 volume, 636 pages, 146 figures, 380 références bibliographiques.
Résumé : Chez les peuples turcophones de Sibérie méridionale, le monopole des chamanes sur de nombreuses actions rituelles fait que l’on parle de « chamanisme professionnel » par opposition au « chamanisme familial » connu dans d’autres régions. Cette thèse a pour objet l’étude des fondements anthropologiques de l’autorité des chamanes de ces populations à partir de l’exemple touva. On examine d’abord les tentatives corporatistes apparues après la chute du régime soviétique et les raisons de leur échec. En l’absence d’organisation institutionnelle légitimant traditionnellement leur position, on cherche à définir les principes schématiques des représentations concernant les chamanes, l’origine de leurs pouvoirs, la nature de leur qualité et ses modes d’acquisition. L’examen de la question de l’héritage, replacée dans le contexte du système ancien des relations de parenté et d’alliance chez les Touvas, permet de faire ressortir les spécificités de la descendance chamanique. Le modèle essentialiste et naturaliste qui se dégage des récits d’accès à la fonction de chamane est relayé par l’idée d’une socialisation du talent inné grâce à l’acquisition des accessoires rituels. L’examen des registres de discours et des dispositifs rituels fait ressortir un système de relations entre les compétences des spécialistes et la position négative de l’« homme simple ». Ces différents principes sont aujourd’hui remis en cause à Touva par l’apparition de scénarios interprétatifs nouveaux liés à la sorcellerie.
Cette étude s’appuie sur plusieurs enquêtes de terrain chez les Touvas ainsi que sur un vaste ensemble de sources surtout russophones remontant au XVIIIe siècle.
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